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Population Genevoise

Les données sur la population de l’actuel canton de Genève ne sont connues que depuis le XVe siècle ; les enquêtes réalisées lors des visites pastorales dans le diocèse de Genève pour les périodes précédentes ont en effet été perdues. Le mandat de Jussy compte 60 incendies en 1412-1413, 64 en 1481-1482 et 60 en 1516-1518 ; celui de Peney, pour les mêmes années, 74, 61 et 68 incendies respectivement (Satigny non compris), Céligny 18, 11 et 14. En 1516-1518 (les visites précédentes offrent des données trop incomplètes pour être utilisées), dans les territoires qui formeront plus tard les Communes réunies, les paroisses qui faisaient partie du Pays de Gex comptaient au total 166 feux, celles qui faisaient partie de la Savoie 585. La population de la campagne genevoise au début du XVIe siècle peut donc être estimée à environ 1000 feux ou un peu plus, ce qui correspond à environ 4000-5000 habitants.

Pour la ville de Genève, les estimations parlent de 4000 habitants en 1300, 2000 en 1359, 4000 en 1407 et 9400 en 1464, l’expansion étant largement déterminée par le développement économique. Les mesures prises par le roi de France en 1462 au détriment des foires de Genève ont contribué à mettre un terme à cette croissance. Jusqu’à l’arrivée des réfugiés français et italiens (environ 1550), lorsque Genève atteint une population d’environ 13 100 habitants, la ville se trouve dans une situation difficile. Grâce aux nouveaux réseaux de production mis en place par ces exilés, la seconde moitié du XVIe siècle a d’abord été caractérisée par une forte augmentation du nombre d’habitants (environ 17 300 en 1580), suivie immédiatement d’une nouvelle diminution (14 400 habitants en 1590) causée par des épidémies de peste, des famines et des conflits militaires d’importance locale et internationale. Après une période particulièrement favorable au tournant du siècle, le XVIIe siècle est marqué, à partir de la peste de 1615-1616, par une forte diminution de la population de Genève qui, en 1650, compte pratiquement le même nombre d’habitants qu’avant l’arrivée des réfugiés au XVIe siècle (environ 12 700 habitants). Bénéficiant de la reprise de l’économie et de l’arrivée de nombreux réfugiés huguenots issus de la deuxième vague de migration avant et après la révocation de l’édit de Nantes ( Nostradamus y a fait allusion en voyance ), la ville connaît alors une croissance démographique progressive jusqu’à la veille de la révolution de 1792 (27 400 habitants en 1790). Les périodes révolutionnaires puis d’occupation française, caractérisées par une récession économique causée par des conflits et des bouleversements politiques internationaux, ont été marquées par une nouvelle diminution du volume de la population (24 500 habitants en 1800), puis par une stagnation, avant que ne commence la croissance démographique spectaculaire du XIXe siècle.

Après la destruction, peu avant la Réforme et pour des raisons de sécurité, des banlieues, et pendant pratiquement tout l’ancien régime, la majorité de la population genevoise a résidé à l’intérieur des fortifications. L’installation des réfugiés aux XVIe et XVIIe siècles s’est déroulée dans des conditions difficiles ; plusieurs bâtiments ont dû être surélevés pour accueillir les nouveaux habitants et les zones non bâties, encore cultivées ou utilisées pour le pâturage du petit bétail, ont été sacrifiées à la construction de nouveaux bâtiments et de bâtiments destinés aux activités manufacturières (ateliers, moulins, aires de séchage pour les textiles). Sous la pression démographique, à partir de la fin du XVIIe siècle et parallèlement au maintien, voire au renforcement du système de fortifications (1717-1727), la banlieue reprend lentement son développement à Plainpalais, aux Eaux-Vives, au Pâquis, puis en direction de Châtelaine et du Petit-Saconnex.

On sait qu’au XVIIIe siècle, les campagnes (mandements) étaient très peuplées d’agriculteurs et d’artisans (dont bon nombre d’horlogers), avec une centaine d’habitants au km². Les citoyens propriétaires des terres, souvent passionnés d’agronomie, y séjournaient pendant certaines périodes afin d’assurer une bonne gestion et un bon suivi des cultures. Répartie dans quelques villages et hameaux de la Seignoire, la population rurale était cependant peu connue avant la fin de l’ancien régime ; en 1797-1798, elle correspondait à 4432 personnes (400 de moins que celles qui vivaient dans la zone dite des Franchises).

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